Archives de novembre 2008
L’âge de l’hydrogène
La matière précieuse après laquelle court le Super Vilain (Matthieu Amalric) n’est pas le pétrole, mais l’eau —il n’y a guère plus que quelques dictateurs attardés et transpirants à la Rastapopoulos qui puissent encore croire à la valeur de l’or noir. James Bond, lui a toujours (au moins) une longueur d’avance arrive à la fin, triomphant, dans une Ford Hydrogen. Le détail est presque subliminal et on regrette que les véléités publicitaire ne soient pas plus assumées.
Mais peut être est-ce l’occasion de relire Jeremy Rifkin?
Epigone
La galerie Greta Meert présente en ce moment à Bruxelles une bien étrange exposition, fruit de la rencontre d’un jeune plasticien Koen Van Den Broek et du maître John Baldessari. “Maître” est en général un mot que, dans ce contexte, l’on manipule avec des guillemets, mais on l’occurrence il ne sied on ne peut mieux. Non que Baldessari ait guidé d’une main autoritaire la conduite des opérations mais il semble au vu des oeuvres que Van der Broek se situe dans une filiation formelle directe approuvée par son aîné. A partir des archives photographiques de Baldessari documentant un âge classique de l’industrie hollywoodienne (mais finalement assez anonyme), Van den Broek réalise des peintures dans la lignée directe des interventions colorées de Baldessari sur des photos. Seul le trait diffère, car autant celui de Baldessari est géométrique et rigoureux, autant celui de Van den Broek est manuel et physique, conjuguant ainsi deux courants a priori contradictoires ou du moins parallèles. Au travers de cette rencontre, ils semblent, volontairement ou non, faire honneur à la tradition de l’épigone que Eric Duyckaerts évoquait non sans humour dans son recueil “Théories tentatives”.