La route
Je viens de finir La Route, de Cormac McCarthy, road movie post-apocalyptique, avec un vieux caddie rouillé en guise de voiture. Les thématiques de McCarthy sont souvent limpides, voire évidentes et universelles à tel point qu’elles en deviennent simplistes (le Bien / le Mal, la perte de la foi etc…). Toutefois, cela permet à l’auteur de dessiner un récit d’un seul trait, sans une once de gras : l’émotion s’y déploie sans détour et évoque ces classiques américains qu’on lit enfant, comme La Perle de Steinbeck.
C’est aussi l’occasion de voir comment la (grande) littérature traite de ce symptôme dont l’amérique a du mal à se guérir (*): les fantasmes d’épidémie, de cataclysme et de fin de la civilisation, qui hantent littéralement le cinéma actuel.
Juste retour des choses, La Route est en cour d’adaptation —l’écriture de McCarthy s’y prêtant particulièrement bien. Heureusement, le cinéma américain semble avoir dépassé l’âge puéril de l’happy-end obligatoire. Le film sera réalisé par John Hillcoat, dont le premier film, The Proposition (un eastern crépusculaire?) scénarisé et mis en musique par Nick Cave, n’a jamais trouvé la voie des écrans français.
(*) : dans un style radicalement opposé —extravagant, délirant, grand guignol— on peut lire aussi Peste (Rant en v.o.) de Chuck Palahniuk.

